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Guide pratique18 octobre 2026 6 min de lecture

Grande agence, Sàrl ou indépendant : ce que la taille de votre prestataire change vraiment

Guide pratique

Sur les 233 entreprises autorisées en Suisse romande, 47 sont des indépendants. Et la convention collective qui fixe les salaires minimums ne s'impose qu'aux employeurs d'au moins dix personnes. Ce que ça implique pour votre devis.

Quand on compare deux devis de sécurité, on regarde le tarif horaire. C'est rarement là que se joue la différence. Deux entreprises peuvent être également autorisées, également sérieuses, et ne pas être capables de la même chose : l'une remplacera l'agent malade à deux heures du matin, l'autre non. Ce n'est pas une question de qualité, c'est une question de structure.

Ce que montrent les registres romands

Les six cantons concordataires publient la liste des entreprises qu'ils ont autorisées. En les reprenant, on obtient 233 sociétés pour la Suisse romande, réparties ainsi : 113 sociétés à responsabilité limitée, 68 sociétés anonymes, 47 indépendants ou raisons individuelles, et 5 autres formes.

Autrement dit, une entreprise autorisée sur cinq est un indépendant. Ce n'est pas une anomalie du registre, c'est la structure réelle de la branche, et personne ne vous le dit quand vous demandez trois devis.

Précision sur la méthode : la forme juridique est déduite de la raison sociale inscrite au registre, pas déclarée par l'entreprise. Une société dont le nom ne porte aucune mention est comptée comme raison individuelle. La répartition est donc un ordre de grandeur fiable, pas un recensement au cas près.

Le seuil de dix salariés, que presque personne ne connaît

Voici le point qui change la lecture d'un devis, et il figure dans un texte public.

La convention collective de travail de la branche fixe les salaires minimums. Elle a été déclarée de force obligatoire par le Conseil fédéral le 11 décembre 2025, pour tout le territoire suisse, jusqu'au 31 décembre 2026. Mais la déclaration précise son champ : les dispositions ayant force obligatoire générale « s'appliquent à tous les employeurs gérant des entreprises ou des parties d'entreprise qui fournissent des services de sécurité privée et qui occupent au total au moins 10 employés ».

Au moins dix employés. En dessous de ce seuil, une entreprise qui n'est pas membre de l'association patronale et qui n'a pas adhéré volontairement à la convention n'est pas tenue par ses salaires minimums au titre de la force obligatoire.

Il faut dire tout de suite ce que cela ne signifie pas. Cela ne signifie pas qu'une petite structure paie mal, et beaucoup appliquent la convention par choix. Cela signifie seulement ceci : en dessous de dix salariés, vous ne pouvez pas vous appuyer sur la convention comme sur une garantie automatique. Si le prix vous paraît bas, c'est la question à poser directement.

Ce qui ne dépend pas de la taille

Beaucoup d'exigences s'appliquent de la même manière au groupe de six cents agents et à l'indépendant qui travaille seul. Le concordat ne fait aucune distinction de taille.

  • L'autorisation d'exploiter suppose dans les deux cas que le responsable ait réussi l'examen sur la connaissance de la législation applicable, et qu'il présente les garanties d'honorabilité exigées par l'article 8.
  • L'assurance responsabilité civile de 5 millions de francs au minimum est une condition d'octroi de l'autorisation, pas un privilège des grandes maisons.
  • Chaque agent doit avoir réussi l'examen de connaissances théoriques de base et porter une carte de légitimation hors des locaux de l'entreprise.
  • Les limites au recours à la force sont les mêmes pour tout le monde : légitime défense et état de nécessité, rien de plus.

Un indépendant autorisé a donc franchi exactement les mêmes contrôles qu'une société anonyme. La différence n'est pas là.

Ce qui dépend vraiment de la taille

Elle se joue sur la continuité, et c'est une question d'arithmétique avant d'être une question de moyens.

La couverture d'un poste de nuit, sept jours sur sept, représente environ 3'000 heures par an. La convention plafonne le temps annuel d'un agent à plein temps entre 1'801 et 2'300 heures. Un poste de nuit permanent mobilise donc au minimum deux personnes, et en pratique davantage une fois intégrés les vacances, les jours fériés et la maladie. Une structure de une à trois personnes peut tenir un mandat ponctuel, une ronde, un événement, une mission de jour. Elle ne peut pas tenir seule un poste permanent sans sous-traiter.

Le remplacement en urgence suit la même logique. Une agence de quarante agents a quelqu'un à appeler à deux heures du matin. Un indépendant a lui-même, et son carnet d'adresses.

La sous-traitance, justement, mérite une question explicite. Le concordat prévoit que les entreprises sous-traitantes sont tenues contractuellement de respecter la convention. Mais vous avez le droit de savoir qui interviendra réellement chez vous, et d'exiger que l'entreprise que vous payez vous le dise par écrit.

Dernier point, rarement anticipé : la responsabilité. Face à un dommage, une raison individuelle engage le patrimoine personnel de son titulaire, là où une Sàrl ou une SA n'engage que la société. L'assurance responsabilité civile de 5 millions reste exigée dans tous les cas, et c'est elle qui vous protège en pratique. Vérifiez l'attestation plutôt que la forme juridique.

Ce que chaque profil fait le mieux

  • L'indépendant ou la très petite structure : un mandat ponctuel, une ronde sur un secteur qu'il connaît, un événement, une présence de jour. Son avantage est réel, vous parlez à la personne qui fera le travail, et elle connaît votre site. Son plafond est la continuité.
  • La Sàrl de dix à cinquante agents : la majorité du marché romand, et le compromis le plus courant pour un mandat régulier. À partir de dix salariés, elle entre dans le champ de la force obligatoire de la convention.
  • La société anonyme structurée : les dispositifs multisites, les postes permanents, les grands événements, les mandats qui exigent une astreinte et un encadrement. Vous y gagnez la continuité, vous y perdez en général la proximité.

Les trois questions à poser, quelle que soit la taille

  • Combien d'agents comptez-vous, et combien seront affectés à mon mandat ? La réponse vous dit si la continuité est possible, et de quel côté du seuil de dix salariés se trouve l'entreprise.
  • Qui intervient si l'agent prévu est absent ? Une réponse précise vaut mieux qu'une promesse générale.
  • Sous-traitez-vous tout ou partie de ce mandat, et si oui à qui ?

Aucune de ces questions n'est agressive. Un prestataire structuré y répond en trois phrases, et un prestataire qui s'en agace vous a déjà renseigné.

Trouver les entreprises autorisées près de chez vous

Les pages par canton et par métier listent les entreprises issues des registres officiels des six cantons romands. Décrivez votre besoin une fois, en précisant vos horaires et la durée du mandat, et vous recevrez des propositions de structures capables de le tenir.

Sources

  • Registres cantonaux des entreprises de sécurité autorisées des six cantons concordataires, relevé de 2026. Répartition par forme juridique déduite des raisons sociales inscrites.
  • Convention collective de travail pour la branche des services de sécurité privés, édition 2026 ; déclaration de force obligatoire du 11 décembre 2025, chiffre 2, valable jusqu'au 31 décembre 2026. Articles 8 et 12 pour les catégories d'engagement et la durée annuelle du travail.
  • Concordat sur les entreprises de sécurité du 18 octobre 1996, art. 2 ch. 3, 8, 9, 15 al. 2 et 18.

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